Former des alliances
gauche/droite au second tour des élections régionales pour
contrer la percée du Front
national : voilà la proposition faite par un ministre «influent»,
mais qui souhaite rester anonyme, auprès de France Info, lundi dernier.
Cambadélis
ne cache pas son exaspération. Il faut dire que cette sortie va à rebours des
efforts du premier secrétaire du PS pour recoller les morceaux avec les alliés
traditionnels du parti.
Envisager
dès maintenant des alliances avec la droite donne, de plus, du crédit à l'idée
d'une défaite annoncée. Gérald Darmanin, le M. Elections des Républicains, ne
s'y est pas trompé. «C'est la panique, ils ont déjà perdu», raille-t-il, avant
de balancer un nom : «Tout le monde sait que c'est sans doute Patrick Kanner le
ministre influent qui parle contre Pierre de Saintignon (le candidat
du PS à la présidence de notre région Nord-Pas-de-Calais-Picardie).»
Conclusion
de François Lamy, député PS proche de Martine Aubry : «Ce ministre influent
et anonyme a perdu une occasion de se taire. Pas d'alliance contre nature.»
Au
PS, tout le monde n'est pas de cet avis. Député de Paris et membre du pôle des
Réformateurs, Christophe Caresche juge, au micro de France Info, que «si au soir du premier tour,
on constate qu'il y a dans un certain nombre de régions un risque sérieux que
le Front national l'emporte il faut envisager cette hypothèse (NDLR : d'une
fusion des listes PS/LR)».
En
Picardie, on voit bien comment le Front National, emmené par Marine Le Pen, finira
selon toute vraisemblance la course en tête, suivi par les prétendus républicains emmenés par Xavier
Bertrand.
La
liste du parti prétendument socialiste
emmenée par Pierre de Santignon, chahuté par quelques hiérarques socialistes du
coin, isolée, avec pour seuls alliés l’inexistant MUP de Robert Hue et un PRG
croupion, auxquels on n’aura donné aucune place éligible, peut dans le meilleur
des cas finir en troisième position... et cette hypothèse n’est même pas
certaine.
Se
posera alors pour nos prétendus socialistes la question de vérité : tenter un rabibochage
de dernière minute avec le front de gauche et les écolos qui leur auront tapé
dessus tout au long de la campagne, ce qui ne change rien au risque FN, ou
retirer purement et simplement leur liste et appeler à voter UMP-Les Républicains pour ne pas assumer le risque de
donner la région à Marine Le Pen. Ce qui veut dire accepter de n’avoir aucun
élu pour les cinq ans à venir dans la nouvelle grande région Nord-Pas-de-Calais
Picardie... On voit mal les Lejeune, Boitard et autres apparatchicks se faire
hara-kiri.
Dernière
hypothèse, et on revient aux propos du début : fusionner avec la liste des
Républicains... si ils veulent bien d’eux.
Décidément,
aucune raison de voir la vie en rose !
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République exemplaire ou
République des copains ?
Hollande distribue des fromages de la République à ses copains et ses fidèles : depuis
2012, la liste est longue des nominations qui font tâche dans l’état
impartial promis par l'alors candidat :
la Verte Dominique Voynet a ainsi
été nommée à l'Igas,
l'ex-maire PS Adeline Hazan contrôleur général des
prisons,
l'ex-ministre Dominique Bertinotti au Conseil d'Etat,
la chiraquienne
Brigitte Girardin (qui a voté Hollande en 2012) à la Cour des comptes,
Marie-Arlette
Carlotti au Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées,
François
Brottes à Réseau de transport d’électricité,
Pierre-René Lemas (ancien
secrétaire général), à la tête de la Caisse des dépôts.
Christophe
Chantepy, ancien dircab de Jean-Marc Ayrault à Matignon et proche de Ségolène
Royal, bombardé dans la torpeur de l'été ambassadeur de France en Grèce.
Manuel
Valls, lui, a obtenu que deux proches conseillers, Sébastien Gros et Christian
Gravel, soient nommés préfets hors cadre (sans affectation mais avec statut
garanti dans la fonction publique).
Sans oublier Agnès Saal, patronne de l'INA
évincée pour ses notes de taxi gratinées... et pourtant réintégrée au ministère
de la Culture.
Un cadre du PS abonde, sans
rire : « N'oubliez pas qu'il y a eu un gros plan social avec les
élections municipales et départementales, et qu'il va falloir préparer celui de
la présidentielle ! »
PS- Le patron de Qatar Airways, Akbar al-Baker, a reçu la médaille
d'officier de la légion d'honneur des mains du président de la République. A gerber !
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