Dernier acte
de la pantomime du congrès de la fédération socialiste de l'Oise, la
désignation du nouveau premier secrétaire fédéral s'est déroulée jeudi 11 juin
sans aucun suspense. En guise de renouvellement, c'est Béatrice
« Stalinette » Lejeune qui rempile pour un troisième mandat, avec un
score albano-coréen de 100 %.
Candidate
unique, elle capitalise ainsi les excellents résultat du PS lors des dernières
consultations électorales au niveau local : municipales désastreuses, moins de 10 % des voix aux
européennes, perte de la majorité dès le premier tour des départementales, et
de tous les sièges de conseiller général sauf 1, JC Villemain, Monsieur trou de la Fédé... Elle obtient donc un chèque en blanc pour continuer pareillement
avec les régionales... dont elle va "tirer" la liste... vers le bas.
Beauvais, mauvais
Au vu de ces
scores impressionnants, on comprend mieux la décision de l'opposition officielle
de Sa Suffisance l’Empereur Yves Ier d’Isarie de ne pas présenter de candidat
et d'appeler en larmoyant par la bouche de Sylvie Houssin à un « grand
accord de gestion » de la fédération, qui ne sera jamais que la poursuite
de ce qui se fait à Beauvais et dans l’Oise depuis une éternité. Opposants de
carton et majorité de fer vont donc dès demain se retrouver bras-dessus
bras-dessous pour entamer une campagne régionale où l'essentiel a été
préservé : chacun a trouvé sa place sur la liste et, surtout, a pu flinguer
ses petits camarades.
Si la Palme
d'Or du congrès est donc attribuée à Béatrice « Stalinette » Lejeune,
celle du flingage revient indéniablement à Sylvie Houssin, qui a réussi à faire
exploser le courant de gauche du dernier congrès, Gérard Chatin obtenant son
plat de lentilles préféré, savoir une place au conseil fédéral et une autre
éjectable sur la liste des régionales. Elle envoie aussi aux oubliettes son comparse
Thibaud Mielleux Viguier (même motion), jusque là Pape des Emmanuellistes
(reconvertis en Hamonistes) qui, étant peu crédible dans le rôle de
l'enfant de cœur, se retrouve tout simplement hors jeu. Les potes beauvaisiens de Houssin trustent
les sièges de sa motion au conseil fédéral (4 sur 7 alors que Beauvais n'a
apporté à la motion B que le quart de ses voix).
Rome bétonne
Du côté
d'une majorité « officielle » on continue de mettre en avant ceux qui
se sont construits une solide réputation de clairvoyance et de rigueur de
gestion, comme Jean-Claude Villemain, d'indépendance d'esprit, comme Mathieu
Stievet ou Danièle Carlier, d'opportunisme comme Philippe Massein et sa tribu de cartes Villersoises, voire de grande fidélité politique, comme Roger Menn, dont la carte du PS va finir par ressembler au passeport
d'un globe-trotter tant il a souvent changé de crèmerie. Pour le reste, la
bande Rome-Bailleul associée à la bande de Villers St Paul se taille la part du
lion, avec des pékins dont on est certains qu' on n’entendra pas plus le son de leur voix que par le passé...
Dans la
série des palmes, celle de l'art de la fugue revient à Laurence Rossignol,
sénatrice putative et mini-ministre, qui pour l’Oise évite de se mêler à cette pétaudière en plein naufrage, mais ne
fait pas preuve, en la matière, d'un grand courage politique, alors qu'elle
serait sans doute une des rares à pouvoir sortir cette fédération de l'ornière.
On déplorera aussi la discrétion d’un Michel Françaix, dont on comprend qu’ayant
par le passé beaucoup donné il a passé l’âge de ces enfantillages ...
Les Figurants
Rien à
attendre en effet des autres motions en lice, qui ont fait de la figuration
inintelligente. On soulignera le grand sens de la famille de la motion D, qui
siège en fratrie au conseil fédéral, et assure sur la lancée le recyclage des
soutiens indéfectibles de l'exilé du château comme Michel Delmas ou Dominique
Louis-dit-Trieau, sans parler de l'inénarrable Grace M'Pondo.
Enfin,
puisque les petits croupions font les bons amis, on remarque que dans son
immense mansuétude, Stalinette a lâché un demi-strapontin à Pierre-Etienne
Bouchet (2 % des voix avec la motion C) qui lui en sera sans doute
éternellement reconnaissant, à moins qu'il n'ait tout simplement été depuis le
départ en terre de mission dans cette motion folklorique qui sentait bon les
années 70, le patchouli et les espadrilles en corde.
Stalinette jusqu’à l’indigestion
Allez, à
tout prête-nom, tout honneur, laissons les mots de la fin à la première
fédérale renouvelée :
« Je m'engage à constituer un bureau
fédéral ouvert à toutes les sensibilités » : difficile de faire
autrement, le BF étant statutairement composé à la proportionnelle des motions.
Sauf à admettre bien sûr que les motions en présence n'ont rien à voir avec des
sensibilités politiques, mais ne sont que des outils du détournement du débat.
« Je veux une fédération de l'Oise
unie et rassemblée » : vu ce qu'il y reste de militants, ça ne
devrait pas être trop difficile. Tous ceux qui ne sont pas alignés derrière le
vrai boss ont été mis sur la touche ou sont depuis longtemps partis, ou en voie de s'en
aller.
C'est partout pareil, au PS, me direz-vous... Non, dans l'Oise, c'est pire.
L'enRàGé
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