J’ai
confiance dans la justice de mon parti
Je n’avais pas
cru un instant qu’ils oseraient… au lieu de me laisser tranquillement partir en
retraite, ils auront essayé de me pourrir la vie jusqu’au dernier moment. Qu’on
en juge.
Où l’on apprend que la section de Creil est
un repaire d’Indignés
Début mars, je
reçois une lettre recommandée avec accusé de réception me convoquant devant la Commission
Nationale des Conflits le 22 mars. Le motif : la fédération de l’Oise a été alertée par des camarades socialistes de
l’existence d’un article sur (mon) blog, article en date du 14 septembre 2012
(sic) intitulé « Permanence de la
mauvaise tenue du PS dans l’Oise ».
En fait, en y
regardant de plus près, c'est quatre « cadres » de la section de Creil,
dont l’impayable secrétaire, Danièle Carlier, qui s’indignent vertueusement
d’écrits qui mettraient en cause « l’honnêteté
et la probité » de Jean-claude Villemain, ancien 1er Secrétaire
fédéral.
Mdr, comme on dit maintenant.
Où l’on reparle du trou de la Fédé
Suit une
citation d’une dizaine de lignes de l’article où effectivement je critique
sévèrement la gestion d’icelui : « Sans
remonter à la génèse, tout commence par l’éviction de Gilles Seguin, par les
moyens déloyaux que l’on sait, et la mise en place d’une équipe d’animation (sic) fédérale
sous la houlette de Jean-Claude Villemain. Une direction sectaire et opaque,
s’ensuivent les problèmes de trésorerie bien connus, le feuilleton dans la
presse, les exclusions, les Fauchoiseries, etc.
Son successeur, Béatrice Lejeune, a passé
deux ans à éteindre le feu, ou plutôt à l’étouffer : s’il est vrai qu’un
audit des finances fédérales à été réalisé, on n’a toujours aucune idée précise
de ce à quoi a été utilisé le million d’euros dépensé en 18 mois du
primosecrétariat de JC Villemain. Ce contrairement aux promesses faites par son
successeur. »
On notera que
l’intéressé, lui, ne demande rien. De manière visible en tous cas.
Cette
indignation est tellement spontanée qu’elle s’exprime, à la virgule près, de
manière identique et avec la même faute de Français. Je cite leur prose :
« Je trouve choquant qu’au moment où
le parti socialiste porte la responsabilité du redressement de la France, des
attaques mettent en cause certain (sic) de nos camarades de la section de Creil
et notamment Jean-Claude Villemain». Suit une
litanie du même tonneau, dans une langue de bois des plus visqueuses.
Où l’on sentira les petits couteaux indignés de la
1ère Secrétaire Fédérale
Que
demandent-ils ? En tordant le cou à un article de nos statuts, nos quatre
indignés demandent à la 1ère Secrétaire fédérale de demander au Bureau National
de saisir la Commission Nationale des Conflits …
Notre
lumineuse et empressée 1ère Fédérale relaie la plainte, semble-t-il.
Semble-t-il car le Bureau National reçoit en tout et pour tout une bafouille à
en-tête de la Fédé, mais non datée, non signée, et dont l’auteur est inconnu(e).
Que dit ce courrier
anonyme ? La même chose.
En fait, le
procédé est un peu tiré par les cheveux, mais il a l’avantage de zapper
l’information normale du Conseil Fédéral. Pas très courageux… Comme d’hab, on
sort les petits couteaux, mais pas au grand jour.
Où la 1ère Secrétaire Fédérale
se dégonfle
Me voilà donc
à Solfé à l’heure dite, dans cette salle Marie-thérèse Eyquem que j’ai
longtemps fréquentée comme membre de cette commission nationale, mais cette
fois m’y voila comme mis en examen.
Après la
traditionnelle heure de retard, mon affaire est appelée. Sauf que la
plaignante, Béatrice Lejeune, elle aussi convoquée, n’a pas cru bon de se
déplacer, ni même de se faire représenter. Ca fait mauvais genre.
On m’invite
donc à m’exprimer.
Je fais tout
d’abord observer la nullité de la procédure : les demandeurs non pas
d’intérêt personnel à agir, leurs demandes, identiques à la virgule près,
sentent le coup monté, et l’intéressé n’a rien demandé ; la fédé a transmis la
demande dans un courrier qui n’a aucune valeur en droit (non daté, non signé,
non authentifié) ; le Conseil fédéral n’a pas été informé ; nos
statuts sont détournés, l’article invoqué ne pouvant s’appliquer ; et en la
matière le Bureau National n’a rien demandé à la CNC.
Je conclus en
disant que l’objectif évident est de me pourrir la vie en espérant que ça va me
faire taire, ce dont j’ai l’habitude dans cette fédération post-stalinienne. Qu’on
se moque aussi des membres de la CNC en leur faisant perdre leur temps. Je sens
que ce sentiment est partagé…
Sur le fond, j’insiste
sur l’aspect clochemerlesque de l’affaire, que cette
Fédé pré-poutinienne est bien susceptible et voudrait sans doute inventer le délit de
blasphème. J’ajoute enfin que je suis prêt à répondre point par point, y
compris sur les dérives financières de l’époque Villemain, sur la base des
faits, et non d’une indignation manifestement aussi feinte et surjouée que
téléguidée.
En fait, le
président de la commission me fait savoir que la CNC est parfaitement au
courant des affaires de la Fédération de l’Oise. J’insiste pour la forme, mais
personne n’a de question à poser. Je remercie et je sors confiant.
Où l’on verra que j’avais bien raison d’avoir
confiance dans la justice de mon parti
Le verdict est
rendu le 2 avril et m’arrive tout chaud en recommandé. Extraits :
« Considérant que le contenu de
l’article du 14 septembre 2012, intitulé « permanence de la mauvaise tenue
du PS dans l’Oise » relevait du débat interne à la fédération de l’Oise
dans cette période de préparation du dernier congrès du PS ;
Considérant qu’à ce titre il ne peut être
considéré que cet article du 14 septembre 2012 soit de nature à porter
préjudice au parti au sens de l’article 4.4.2.3. des statuts ;
La Commission Nationale des conflits
décide :
Article
1er : La saisine de la fédération de l’Oise est rejetée. »
Pan, sur le bec !
N’empêche, seule une personne est mise en examen dans cette histoire et le procès aura lieu le 1er juillet. Les autres protagonistes ne seront pas inquiétés. Et ensuite les mêmes ont des cris de vierges effarouchées quand il s'agit d'affaires (Cahuzac....)
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