Le bulletin trimestriel de la FSU (Fédération Syndicale Unitaire), le plus important syndicat de la fonction publique d’état, notamment dans l’éducation, tape le Conseil Général de l’Oise et son Président, dans un article intitulé :
" Cuisine
centrale de Liancourt : quand décentralisation rime avec privatisation ! " Extraits :
"Depuis cette rentrée, la cuisine centrale de Liancourt produit les repas de 13 des collèges publics de
l'Oise. 5 000 des 25 000 repas quotidiennement servis dans les collèges publics du
département y sont réalisés. Intégralement financée par le Conseil général de l'Oise, la
cuisine centrale de Liancourt a coûté 8 millions d'euros
Jusqu'en septembre 2009, les repas de ces 13 collèges étaient livrés par les cuisines centrales des
lycées de Nogent-sur-Oise, Chantilly
et Compiègne ; cuisines centrales relevant du Conseil régional de
Picardie depuis la loi du 13 août 2004 qui a transféré aux collectives territoriales
les missions de restauration et d'hébergement
scolaires.
Après
avoir refusé de participer à la remise aux normes des
cuisines centrales de ces trois lycées, le Conseil général
de l'Oise a décidé de
construire sa propre cuisine centrale à Liancourt et de récupérer la partie des personnels territoriaux
travaillant dans les cuisines des lycées pour le
compte des collèges. Une trentaine d'agents glissèrent alors de la région au
département. Ils devaient à terme intégrer la future cuisine centrale départementale.
Pendant la
durée des travaux, les repas des 13 collèges concernés ont été fournis par Dupont
Restauration qui avait remporté le marché pour 1,2 million
d'euros par an.
Cet été,
le Conseil général de l'Oise décidait de confier la
gestion de la cuisine centrale de Liancourt à la société privée
Elior. Pour défendre son choix, Yves Rome, le Président du Conseil général, déclarait dans
le Parisien du 01/10/12 « gestion par le public ou le privé,
je n'ai pas de religion en la matière
» et de poursuivre « les parents
d'élèves sont-ils prêts à payer 20 voire 40% plus cher le repas servi à leurs
enfants à la cantine du collège ».
Depuis trois ans,
la volonté du Conseil général de sortir du cadre des cuisines centrales des lycées a
coûté près de 12 millions d'euros
aux Isariens et conduit à la privatisation de 20% de la
restauration des collèges publics de l'Oise.
Sans avoir de religion, on peut faire moins cher, surtout quand les locaux et les personnels préexistaient.
L'argument financier à destination des familles ne tient pas.
Les
privatisations successives et la progressive érosion des effectifs du Conseil général de l'Oise
conduit à une déqualification
des personnels et à la perte de savoir-faire. La fermeture du laboratoire départemental ou la gestion
par le privé de la centrale d'achat public Cap'Oise en sont quelques exemples.
Alors
que 20% des 15-25 sont en surpoids, il serait temps de prendre conscience que la défense du
service public de restauration scolaire, c'est la qualité nutritionnelle au profit des futures
économies de soins.
A la
veille d'annonces concernant l'acte 3 de décentralisation,
le SNASUB-FSU continuera de défendre le choix du
service public face à toutes les tentations libérales de privatisations de services et de missions.
1 : Ces collèges sont Jean Fernel à CLERMONT, Gaétan Denain et André Malraux à COMPIEGNE, Gabriel Havez et Jean-Jacques
Rousseau à CREIL, Sonia Delaunay à GOUVIEUX, Jules Verne à LA CROIX-SAINT-OUEN, Françoise Dolto à LAMORLAYE, Anatole
France à MONTATAIRE, Marcellin Berthelot et Edouard Herriot à NOGENT-SUR-OISE, Jules Vallès à
SAINT-LEU-D'ESSERENT, Emile Lambert à VILLERS-SAINT-PAUL. La
cuisine centrale dessert
également l'internat d'excellence de NOYON."
Ci-dessus, le texte intégral
paru dans le bulletin.
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